L’offshore pâtit de la crise financière.
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La crise financière s’est infiltrée dans le secteur offshore à Maurice. Mais elle pourrait être une chance pour le pays si les entreprises restent bien réglementées et compétitives au niveau des coûts.Des opérateurs de l’offshore se sont réunis vendredi pour examiner l’impact de la crise financière sur leurs activités. Ils sont inquiets du ralentissement de leurs opérations.
Cette crise mondiale accentue la lutte contre les paradis fiscaux. Elle fait déjà une victime à Maurice, notamment le centre offshore où un ralentissement des activités a été constaté depuis peu.
Cette baisse arrive à un moment où les gouvernements occidentaux veulent, en prélude à la refonte du système financier international, supprimer les paradis fiscaux accusés d’avoir accentué les désordres financiers.
«Tous les nouveaux projets d’investissements et commerciaux, de gestion de patrimoine ou de fortune, ou autres sont mis au frigo. Avec ce qui se passe sur les places boursières internationales, les difficultés d’accès aux crédits bancaires et la récession, les promoteurs font une réévaluation de la viabilité des leurs projets», dit Kee Chong Li kwong Wing, président de l’Association of Trust and Management Companies et Managing Director de la Mauritius International Trust Co. Ltd.
Mais cette crise, à son avis, peut être une chance pour Maurice et le pays pourrait attirer d’autres clients «si nous restons bien réglementés et compétitifs au niveau des coûts».
«Il faut également que les autorités mauriciennes redoublent de vigilance pour éviter tout risque d’avoir des brebis galeuses dans le secteur, et en même temps il faut faire attention à la bureaucratie», ajoute-t-il.
Environ 90 % des transactions passant par l’offshore mauricien sont dirigées vers l’Asie, notamment l’Inde et la Chine. En 2007, quelque Rs 15 milliards d’investissements sont passés par Maurice, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2006.
«Un contrôle plus prononcé»
Pour les neuf premiers mois de 2008, les transactions ont connu une hausse de 35 % à 40 % en raison du boom en Asie et de la croissance économique en Afrique, mais depuis une baisse a été constatée dans les activités. Cette baisse a été examinée lors de la réunion vendredi par des opérateurs dans le secteur. Le secteur emploie environ 5 000 personnes, dont 3 000 professionnels.
Pouvez-vous quantifier la baisse ? «Difficile de dire. Chaque opérateur veut garder son business confidentiel», fait ressortir Kee Chong Li Kwong Wing.
Selon l’organisation Transparency International France, il y aurait une cinquantaine de paradis fiscaux dans le monde, dans lesquels «plus de 400 banques, deux tiers des 2 000 fonds spéculatifs et 2 millions de sociétés écrans» géreraient «près de 10 000 milliards de dollars d’actifs».
«Il est clair qu’il y aura désormais un contrôle plus prononcé sur les branches offshore des banques où les gouvernements occidentaux ont injecté de l’argent. Même la fermeture de certaines banques a été décidée», souligne Kee Chong Li Kwong Wing.
Nishan Aubeeluck, responsable commerciale à la Bourse de Maurice, estime que la crise financière a prouvé que certaines institutions internationales ne sont plus adaptées à la forte interpénétration des marchés financiers contemporains.
«Il faut parfois une crise pour que les uns et les autres se rendent compte que ce qui aurait dû être fait il y a des années ne peut plus être remis à plus tard. Mais maintenant nous devons créer la nouvelle architecture qui saura répondre à la mondialisation», dit-il.
«Revoir le système»Opinion partagée par Swadicq Nuthay (ACMS), Senior fund Manager chez Actuarial and Management Capital Services Ltd, qui souligne que le système financier international actuel ne peut plus fonctionner comme il a fonctionné dans le passé .
D’où l’urgence pour les gouvernements américains et européens de revoir ce système et réformer le Fonds monétaire international.
Ce nouveau Bretton Woods va débattre des normes comptables internationales et du rôle des agences de notation. Ces agences ont été mises en cause dans la crise des crédits hypothécaires à risques («subprimes») car elles ont été accusées d’avoir évalué avec trop de complaisance le profil financier d’établissements spécialisés dans les prêts immobiliers», souligne Nishan Aubeeluck.
Publié par Mr Obadi Mohammed


